A voir la façon de vivre d'aujourd'hui, la recherche absolue du non-risque, du tout sécuritaire, de l'irresponsabilité individuelle, etc, j'ai parfois l'impression que l'on marche sur la tête dans notre société.
Pour exemple concret cette semaine, les conditions nécessaires pour obtenir l'agrément d'assistante maternelle. Une jeune femme de mon entourage envisage de se lancer et vient de suivre une journée d'information avant le dépôt de sa demande.
J'ai halluciné en voyant certaines conditions.
Bien sûr, je suis totalement d'accord pour qu'un nombre de critères soient réunis pour la sécurité des enfants, leur bien-être et la tranquillité des parents qui sont obligés de confier leurs enfants en bas-âge pour pouvoir aller travailler.
Je ne suis pas naïve et je sais bien que les femmes qui postulent à cet emploi ne sont pas toutes dignes de confiance ou ne présentent pas les conditions matérielles pour un accueil dans de bonnes conditions.
Mais quand même.
Une condition parmi d'autres : s'il y a un jardin, celui-ci doit être entièrement clôturé (logique), mais il est interdit d'avoir des rosiers !
Faut-il donc arracher ceux-ci si on en a planté avant de faire ce travail ? Un enfant ne peut-il apprendre (même à ses dépens) qu'un rosier ça pique et qu'on doit éviter de toucher ses branches mais qu'il produit aussi de belles fleurs qui sentent bon ?
Une cheminée : il faut des pare-feux très sûrs ou s'engager à ne pas l'utiliser quand les enfants sont là !
Je vous passe tous les détails et toutes les contraintes, ce serait fastidieux, mais le final de mes cogitations complètement démoralisées fut le scénario suivant :
"Dans quelques années, la nounou aseptisée, en blouse blanche immaculée, gants et bonnet blanc sur la tête, cheveux relevés, viendra accueillir les parents sur le pas de sa porte.
Dans la pièce réservée aux enfants se trouvera une grande cage (aux barreaux bien serrés bien sûr à cause des petites têtes qui ne devront pas passer entre deux). Les parents (qui seuls en auront la clé) déposeront leur enfant pour la journée.
La nounou les nourrira, les changera, les caressera ? (non c'est trop risqué et pas aseptisé) en passant les mains entre deux barreaux. Le soir, les parents viendront récupérer leurs marmots en ouvrant eux-mêmes la cage et feront coucou à la nounou, sans un bisou bien sûr. Toujours question d'hygiène."
Mais où seront les bons câlins réconfortants sur les genoux ou contre la poitrine accueillante de la nounou lors d'un gros chagrin, d'une chute, d'un petit bobo, d'un accrochage avec les autres enfants, d'un coup de cafard, ou pour le plaisir tout simplement.
Et les jeux dans le jardin ? les sauts à pieds joints dans les flaques d'eau quand il a plu ? le ramassage des fleurs, petites marguerites sauvages et autres sur la pelouse ?
Je rêve peut-être encore d'un autre monde. J'ai peut-être eu beaucoup de chance dans ma vie (non pas peut-être, sûrement). J'ai du mal à accepter ce monde insipide et sans chaleur humaine vers lequel on a trop souvent tendance à aller.
Alors, je me rebiffe tant que je peux. J'essaie d'apporter ma toute petite pièce à l'édifice du monde pour qu'il en reste quelque chose d'humain et de chaleureux.
Car quoi de plus tendre et de plus doux que le regard confiant d'un enfant ? sa petite main chaude dans la vôtre ? un baiser sur ses joues pleines de larmes ?
VIVRE, C'EST PRENDRE DES RISQUES.
et je rajoute pour moi malgré tout : SOYONS OPTIMISTES ! mais il y a des jours où j'avoue que j'ai un peu de mal à y croire.
1 commentaires:
Ben oui, vivre est une maladie mortelle :)
Le couplet sur les rosiers est un relent vaccinaliste, on peut mourir du tétanos (si leur vaccin fonctionnait, cela ne devrait pas être un soucis).
En passant, moi et mes enfants ne sommes pas vaccinés, et nous avons entretenu des rosiers pendant des années sans problèmes ...
Enregistrer un commentaire