Si certaines régions sont sous une neige abondante aujourd'hui, nous avons quant à nous profité d'une magnifique journée très ensoleillée après 8 jours de pluie et de vent.
Bonheur de pouvoir faire enfin une balade et de constater que si les tas de bois coupés sont encore nombreux sur les bords des routes, certaines parcelles commencent à être replantées. Regardez.Même les oiseaux étaient tous de sortie et s'en donnaient à coeur joie.
Vous trouverez chez CHARLIE les mots et le moment de tendresse qui vont avec cette image.
Nous avons tous besoin de tendresse, de douceur alors j'ai décidé de le partager avec vous en cette veille de week-end. Je vous le souhaite doux et reposant.
Il y a un an le 24 janvier, la tempête KLAUS dévastait notre région. Vous retrouverez ce que je racontais et quelques photosICI.
Un an après, la région a changé d'aspect . D'immenses territoires autrefois boisés sont aujourd'hui tout plats. Les forestiers, les agriculteurs pansent leurs plaies avec beaucoup de difficultés. Bien sûr, il y a régulièrement des coupes dans les forêts de pins, mais cette fois rien n'était coordonné, prévu, alterné. Habituellement, les vieux arbres sont coupés à maturité pendant que des jeunes replantés sur des parcelles voisines ont déjà pris leur essor. Cette fois, rien de semblable.
Il a fallu des mois et des mois avant que la forêt ne commence à frémir du travail des bûcherons abattant les arbres déracinés, les engins arrachant les souches, nettoyant les parcelles, entassant des millions de stères de bois sur les bords des routes. Et ce n'est que très récemment qu'a commencé le ballet des camions de toute l'Europe venant chercher le bois enfin débité. Car le bois ne vaut quasiment plus rien. Il y en a trop, souvent abîmé et donc inutilisable en menuiserie.
De tout cela, je garde aussi l'image de ma petite fille qui avait 2 ans 1/2 à l'époque, allant parler à un arbre déraciné : "ne pleure pas arbre, tu n'auras plus bobo, ne sois pas triste je suis là".
Et pour remettre les choses à leur place, si certains dans nos régions ont beaucoup souffert, ont parfois tout perdu, ce n'est rien à côté de ce que les Haïtiens viennent de vivre. Des morts par milliers, plus d'abris, de maisons, de nourriture, de travail. Tout est donc relatif même si lorsque l'on souffre, on ne voit plus que sa propre souffrance et pas celle des autres, fut-elle bien plus importante.
Je ne sais ce qui a pris à mon blog tout d'un coup. La mise en page s'est mise à vagabonder à sa guise, dans des tailles que je ne lui ai absolument pas demandé. Pas le temps d'approfondir ce soir, désolée pour cette apparence peu agréable, j'y reviendrai demain. Bonne nuit à tous.
Pour une des rencontres lecture mensuelle, nous devions lire ce journal d'Henry Bauchau. Découverte d'un auteur belge dont j'ignorais l'existence, mais aussi surprise du choix d'un journal. Ce fut un peu par erreur que notre animatrice a proposé ce titre, ayant à l'origine l'intention de nous faire lire "Antigone" du même auteur. Finalement, l'accord fut général pour trouver que ce n'était pas un mauvais choix, la première surprise passée.
Bien sûr, on ne lit pas un Journal comme un roman, mais au lieu d'apprécier une histoire, nous avons découvert un homme et son talent d'écrivain au travers de son quotidien d'homme âgé, de ses questions, de ses difficultés.
Henry Bauchau a exercé de nombreux métiers, a fait la guerre avant de commencer à écrire vers l'âge de 45 ans (il est né en 1913). Il n'a connu son premier succès qu'à 77 ans. Il écrit "Le Présent d'incertitude" entre 2002 et 2005, soit entre 89 et 92 ans.
J'ai beaucoup apprécié son humanité et son intelligence, son ouverture d'esprit.
La critique réalisée par Céline Mangin sur le site d'Evene résume très bien ce que j'ai ressenti et découvert à la lecture de ce livre.
Je vous propose donc d'aller la lire ICI.
Vous trouverez également une interview d'Henry Bauchau, ICI. Et sa biographie sur ce site.
Le Présent d'incertitude
Journal 2002-2005
d'Henry Bauchau
Editeur : Actes Sud Publication : 2/4/2007
Résumé du livre
"Le Présent d'incertitude" couvre les années 2002 à 2005, c'est-à-dire la période où Henry Bauchau élabore, achève et publie ce qui est (à ce jour) son dernier roman : "L'Enfant bleu".
Il abrite, comme les précédents volumes du journal un espace de réflexion autour et en marge du travail romanesque.
Le grand âge est là, fragilisant le corps tout en posant de nouvelles questions (d'organisation matérielle), alors que la vie offre à l'intelligence tout autant de sensations et d'objets d'intérêt. Dans ce volume, le grand écrivain met en mots sa pensée, ses rêves, ses échanges, ses moments de doute, ses intuitions, voire ses nouveaux projets.
Des morceaux choisis
p. 18 - 3 avril 2002
"... Dans les champs ce matin, immense espace des blés verts, entourés de forêts où le printemps commence à apparaître.
D'admirables cerisiers blancs, très hauts, tout en fleur, comme des apparitions d'un autre monde, plus heureux, plus pacifié, plus charnel que celui que je vis. Saison d'allégresse, de renaissance, de résurrection, tout un monde auquel je ne suis plus adapté. Actions de la grâce, vigueur sans fin de la naissance. Soleil, soleil encore, plus beau dans l'éphémère et la précarité ..."
p 31 - 18 juin 2002
"... Je suis un homme parmi des milliards d'hommes, en communion peut-être avec d'autres artistes qui ressentent en cet instant la même paix, la même beauté, la même douleur sourde, l'incomplétude qu'ils ont décidé de transformer en travail. Ce que je comprends depuis peu, le travail importe plus que l'oeuvre achevée."
p 121 - 30 août 2003
... Rabbi Nahman de Braslav : "Il est interdit d'être vieux." Voilà, je crois, la parole abrupte, fondamentale qui répond à mon malheur de ces dernières semaines, la parole qui doit sans cesse me remettre en question. Continuer à naître, rester dans la douleur de naître, l'effort de naître qui donne seul la paix. Pour moi l'effort de naître maintenant, c'est de faire naître mon livre, puis ceux qui viendront encore tant que la parole ne me sera pas arrachée.
Ma tentation c'est d'être vieux, en repos, en petite satisfaction de l'oeuvre faite. Tentation que je tiens du culte de la retraite qui règne en France aujourd'hui. Accepter que la douleur de naître se continue et soit, comme le dit Louis-René des Forets :
Aux deux extrémités du parcours
C'est la douleur de naître la plus déchirante
Et qui dure et s'oppose à la peur que nous avons de mourir.
Donc essayer de rester dans la naissance, la souffrance de la naissance de l'oeuvre. Peut-être un jour dans le poème, à nouveau.
Marquer d'une empreinte cette journée plutôt triste où cette parole est venue me frapper. Continuer à me laisser frapper, mouvoir, par elle.
Je ne veux pas être le maître, je n'ai pas pu être le peintre. En moi je porte cependant des livres et un tableau brûlé...."
Un week-end dans les Pyrénées, très froid côté température, très chaud côté amitié. Quelques photos des montagnes enneigées sous la neige tombant et sous le soleil. Cela faisait très paysage de carte postale. Que c'est beau, mais juste un peu de temps en temps !
Il ne manque que les isards que nous avons vu le lendemain sous ces cascades mais pas eu le temps de les saisir au passage.
N'hésitez pas à cliquer sur les photos pour les visualiser en grand.
Savoir attendre, patienter, désirer les choses, ce sont des mots qui sont presque passés de mode aujourd'hui.
Et pourtant ... attendre un événement, le préparer, procurent une joie et un plaisir généralement décuplés. Tant et si bien que le plaisir de l'attente est souvent bien plus grand que la réalisation de l'événement lui-même.
Je ne parle pas d'une naissance où l'attente est fondamentale mais l'arrivée de l'enfant est d'une autre dimension. Par contre, avez-vous jamais réalisé dans la préparation d'un voyage, d'une surprise réservée à quelqu'un comment ce temps de préparation vous avait paru bien meilleur que le voyage lui-même ou la soirée ?
J'avais, il y a quelques années, préparé en secret un anniversaire surprise à mon homme, réunissant tout un groupe de bons et vieux amis alors que nous étions loin par la distance. Tous avaient répondu présents, m'avaient aidé à tout préparer, mais lui, pris dans des soucis de travail, ignorant ce qui se tramait, avait eu du mal à accepter ce long déplacement maquillé sous d'autres prétextes. Finalement, même s'il avait été heureux de ces retrouvailles, son plaisir n'avait pas été aussi grand que le nôtre qui attendions cette rencontre et l'avions préparée longtemps à l'avance. Il n'était pas prêt à la vivre pour en savourer chaque minute.
C'est ce qui s'annonce ce week-end aussi pour un de nos amis fêtant ses 60 ans en demi-surprise. Dommage, finalement.
Curieusement, ce thème de l'attente, je l'ai retrouvé à plusieurs reprises ces jours-ci. Dans mon vécu personnel, mais aussi dans des lectures à propos du temps. Coumarine dans son billet du 4 janvier parle de "Tuer le temps".
Dans la revue diocésaine de notre région, voici ce que dit Dominique Bop parlant entre autres au sujet de l'Avent :
"... C'est le paradoxe de la vitesse : l'impatience croît à mesure que les délais raccourcissent, de manière quasiment proportionnelle. Le moindre retard devient insupportable. Le temps, comme tout ce qui nous entoure, doit être maîtrisé. Un temps qui est celui de l'instant, sans passé, sans avenir : tout, tout de suite !
"Tout, tout de suite !" : voilà un programme plus adapté aux canards à gaver qu'aux êtres humains. Loin d'être un délai insupportable, l'attente peut être du temps enfin donné au temps pour relancer le désir, pour orienter le maintenant vers ce qui doit venir. L'enfant gâté ne désire plus rien : il passe à côté du dynamisme de l'existence. Car vivre, c'est désirer, c'est être tendu vers le lendemain. ...."
J'ai trouvé que son texte venait en écho à mes propres réflexions de ces jours-ci, en ce début d'année, page blanche qui s'ouvre devant nous. Sachons prendre le temps de vivre pleinement chaque instant mais sans oublier qu'il y a un hier et un demain, de savourer l'attente.